Parents-enseignants : et si on coopérait ?

Dans le cadre de notre projet d’école sur la méthodologie nous nous sommes interrogés.

Puis, nous avons abordé le partenariat avec les parents. Quelques repères furent proposés en fond d’écran psycho social de cette réflexion :

  • La notion de dé – liaison entre l’école et la famille (Jacques LEVINE). Elle signifie le caractère parfois distendu et difficile des relations entre l’univers scolaire et familial, faisant parfois vivre au jeune une fragmentation entre ces deux univers : au plan des valeurs, des attentes, du langage, etc. Des « injonctions contradictoires » bien peu motivantes pour les apprentissages peuvent ainsi se faire jour.
  • La demande des familles. L’érosion des grands cadres collectifs (la nation, l’état, l’armée, l’église, etc.) qui régissaient la vie des êtres et concomitamment la montée de l’individualisme (notamment au cours du siècle précédent) font que l’école doit tout à la fois s’adresser à chacun des élèves qu’elle accueille mais, dans le même temps, rester une institution avec des repères auxquels tous les élèves doivent se plier pour se construire. Ainsi,  la famille peut-elle exprimer  tour à tour et successivement des demandes en tension entre la volonté de voir son enfant considéré dans sa spécificité et sa singularité et une demande de cadrage  dans un collectif.
  • Les conflits intra familiaux. Il est aujourd’hui avéré que des élèves peuvent prendre en otage leurs apprentissages scolaires pour signifier dans et à leur famille les conflits existants entre eux et les parents. Deux grandes postures parentales sources de conflits (parents qui accusent et parents qui excusent) furent rapidement explicitées, ainsi que leurs incidences comportementales en classe.
  • Les obstacles affectifs. Tous les parents ne franchissent pas la porte de l’école a priori dans une attitude de coopération. Bien des obstacles affectifs peuvent venir polluer la relation avec l’institution scolaire : le propre vécu scolaire des parents et les potentielles craintes qui peuvent en découler, les éventuels décalages de demande entre eux et l’école, la projection qu’ils font sur leur enfant, les relations affectives qu’ils tissent avec lui, leur plus ou moins grande capacité à affirmer une autorité, l’image plus ou moins méliorative qu’ils ont de l’école, sont autant de facteurs qui peuvent être des freins à un climat de coopération.

 

« Si l’enseignant veut viser une coopération efficace avec les parents, il doit  rechercher les conditions d’adhésion à ses attentes et à ses propos. Deux  critères concernant une telle adhésion  furent explicités : un langage simple, une participation de la famille à une décision de changement. »

Le premier  critère consiste en effet  à utiliser un langage simple et concret dès lors que l’enseignant  explicite ses attentes et ses exigences.

Un exemple en fut proposé avec la réunion de rentrée. Il va s’agir de proposer aux parents à la fois le plan de formation de l’école,  les référents de méthode de travail qui vont être abordés avec les élèves de telle classe durant l’année mais également, pour chaque compétence de méthode de travail enseignée, de préciser très concrètement comment les parents vont pouvoir réinvestir ces conseils. Un exemple de réinvestissement fut vidéo projeté. Trois groupes de travail se sont alors formés pour commencer à lister des formes très concrètes à proposer aux parents pour qu’ils réinvestissent le document référent.

Ces réinvestissements seront proposés comme des exemples d’aide possible. Un « etc. » indiquerait le caractère non exhaustif de ces modalités d’aide, réaffirmé par ailleurs et oralement par l’enseignant.

La forme même de la réunion pourra donner davantage envie aux parents de s’impliquer dans cette démarche de clarification des rôles de chacun.

De très nombreux échanges se développèrent alors dans le groupe (avec une grande sincérité et force dans les propos) sur la réunion de rentrée et les enjeux d’une telle démarche. Ces échanges portèrent sur :

  • La nécessité que la forme de la réunion elle-même soit révélatrice de la volonté de l’école de coopérer avec les parents.
  • Les postures qu’une réunion donne à lire : « verticale » et/ou « horizontale ».
  • La distinction entre donner des informations factuelles (un autre vecteur type courrier suffirait) et communiquer en interaction entre partenaires.
  • La crainte, en laissant la parole, d’être en quelque sorte débordé, cette réunion étant déjà vécue, parfois, comme une «  arène ».

La possibilité de ne changer que partiellement le déroulement de cette réunion.

La possibilité de programmer, par ailleurs, un temps de travail avec des parents sur les aides à apporter à la maison.

Le deuxième critère à prendre en compte pour favoriser l’adhésion des parents consiste à les faire participer à la construction d’une décision.  Les parents doivent de fait y participer afin d’y adhérer, autant qu’elle doit les positionner en acteur : tout ne revient pas à l’élève ou au professeur. Pour tendre vers une telle construction (le plus souvent c’est à l’issue d’un entretien avec l’enfant et ses parents), il faut veiller à ce que la décision construite soit écrite, que l’objectif de changement soit précis »,  que la durée soit limitée, adaptée à l’âge et à l’objectif, que des actions elles-mêmes très concrètes soient définies et engagent chaque acteur (on retrouve la logique des réinvestissements), qu’un temps de bilan soit à priori cadré, que le document contractuel soit signé, chaque acteur en ayant un exemplaire. Ce type de contrat se retrouve de manière institutionnalisée dans le Programme Personnalisé de Réussite Educative (PPRE).